Yoga et course à pied

La course à pied est un sport qui sollicite de façon extrême les muscles et les os. La répétition des chocs nécessite une bonne connaissance de son corps et un travail régulier de récupération. La pratique du yoga aide le corps à se préparer et à récupérer.

Par Freddy Murté, triathlète de haut niveau, Ironman, coach sportif et enseignant de ashtanga vinyasa yoga

Lorsque nous courons, nous utilisons notre musculature de manière inégale. Les membres inférieurs – quadriceps, ischio-jambiers, fessiers, mollets – sont activés, intensément, continuellement et de la même façon… toujours… Ces muscles vont alors avoir tendance à se raccourcir et l’amplitude articulaire, à terme, pourra être réduite et favoriser des blessures. À chaque foulée, l’impact sur chaque pied est de plusieurs fois notre poids, sollicitant fortement nos articulations (hanches, genoux, chevilles), ainsi que notre colonne vertébrale. La pratique du yoga va permettre de préparer le corps à la course, faciliter la récupération musculaire et limiter les douleurs post-effort. Entrer dans une posture de yoga, la réaliser et en sortir engagent le corps tout entier, les muscles sont tonifiés et étirés à la fois. Les postures engagent aussi les muscles stabilisateurs et profonds (ces muscles peu volumineux, proches des articulations et très riches en récepteurs neuromusculaires). Les articulations deviennent plus stables et plus flexibles, le dos est protégé et le mouvement de la course s’améliore, se fait plus libre.

La séance devra s’articuler autour :

• de postures de renforcement et d’étirement des muscles des jambes ;

• de postures d’ouverture du bassin, qui permettront de libérer les hanches ;

• de postures d’équilibre (pour les chevilles).

Une respiration consciente pour un mouvement conscient

Lorsque nous pratiquons le yoga, nous installons une respiration lente, puissante et régulière, synchronisée avec le mouvement. Cette respiration permet d’apporter de l’énergie à la pratique, d’augmenter la capacité respiratoire, et va aussi créer un état de disponibilité, de détente et aider à canaliser le mental.

Au fil des postures, l’élève prend conscience de son corps dans sa globalité. Par exemple, les postures asymétriques (celles que l’on va réaliser d’un côté puis de l’autre) permettent de prendre conscience des différences de flexibilité qu’il peut y avoir entre les deux côtés du corps et bien évidemment, par la pratique, d’équilibrer… le côté le plus flexible servant en quelque sorte de guide à l’autre, plus raide. Tout en étirant ses muscles, l’élève observe ses sensations, la qualité de sa respiration et devient plus réceptif aux messages que son corps peut lui adresser. La quiétude que nous pouvons tirer de la pratique nous permet d’observer l’énergie qui circule dans le corps, pour la diriger et l’utiliser pendant la course.